Quand on dit musique en Côte d’Ivoire, c’est ce quatuor mué à ce jour en duo. Le groupe , que du talent. Mais quelle symphonie inachevée. A la faveur de la sortie de leur nouveau intitulé ””, Abidjanpeople a échangé avec cet ensemble musical. L’histoire d’une chanson, c’est en suivant ces lignes.

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Vous faites partie des précurseurs de la musique Youssoumba en Côte d’Ivoire. Quand on évoque le groupe Aboutou Roots, on parle tout de suite de symphonie inachevée…

On nous le dit sans cesse. C’est une réalité, nous en sommes conscients. Nous sommes un groupe de bosseurs. Après voilà, la volonté seule ne suffit pas.

Justement, qu’est ce qui coince pour ce véritable décollage tant attendu par les mélomanes ?

Tout simplement parce nous n’avons pas encore eu la chance d’être pris en main par des personnes qu’il faut, ces grands hommes du show biz pour orienter notre carrière. Ça nous a vraiment fait defaut.

“Nous n”avons pas BÉNÉFICIé de bonnes connexions”

Un pincement au cœur ? des regrets ?

Bien sûr que nous ne pouvons nourrir que des regrets. Nous sommes les précurseurs du mouvement Youssoumba fait danser les Ivoiriens. Les signaux étaient au vert, malheureusement les choses n’ont pas fonctionné comme il se devait. Ce qu’on voulait faire, nous ne sommes pas arrivés à le faire.

En toute franchise, êtes vous personnellement satisfait de votre carrière, parce que quand on vous voit, on se dit tout de suite que vous n’avez pas atteint le niveau réel de votre talent ?

Pour dire vrai, nous avons certainement laissé beaucoup de mélomanes sur leur faim. Parce qu’ils nous voyaient à un autre stade. Franchement là où nous voulions arriver, nous n’avons pu atteindre ce pallier. Nous n’avons pas toujours bénéficié de bonnes connexions pour booster notre carrière. Mais mieux vaut tard que jamais. Nous avons aujourd’hui un label MKing Prod à même de relancer notre carrière.

Beaucoup de groupes Youssoumba ont disparu de la circulation, comment faites-vous pour rester toujours dans le temps et ne pas sombrer ?

Nous avons fait de la musique notre metier, c’est notre passion. Le groupe Aboutou Roots, à l’origine, nous étions une quinzaine de personnes. Après, nous sommes passés à 4 puis, 2 personnes aujourd’hui. Les formations musicales Youssoumba qui ont disparu ne se sont peut être pas prises au serieux, parce que ce métier c’est aussi la persévérance. Nous ne comptons pas baisser les bras. Le groupe travaille pour revenir plus fort.

“Respectez la femme…”

Vous venez de sortir justement un nouveau single baptisé: «La petite a gâté» qui va être suivi d’un nouvel album dans quelques mois ?

Oui, tout à fait. A la suite de ce nouveau single, nous allons sortir un nouvel album très coloré. Qui verra la participation du groupe Kiff No BEAT, David Tayorault, Serge Beynaud.

Parlez nous de la fameuse histoire de la ”petite a gâté”

(Ils sourient) «La petite a gâté », c’est une histoire vraie qu’a vécue un vieux père du quartier. Il nous l’a raconté dans les termes suivants : «Respectez la femme. Ce n’est pas parce qu’elle est petite qu’il faut la banaliser».Ce monsieur en fait, c’est un vrai Don Juan qui aimait beaucoup les femmes. La petite lui a montré des choses, il est resté dedans, il ne peut plus laisser. Son histoire nous a inspiré. Il va d’ailleurs figurer dans le clip.

Cette année, vous célébrez notamment les 25 ans de carrière du groupe ?

Oui , ça va être la fête du Youssoumba, un giga concert que nous allons offrir aux fans avant la fin de l’année au Palais de la culture de Treichville. Soyez branchés.

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Vous croyez au grand retour de la musique Youssoumba ?

Oui, bien sûr qu’on y croit. La musique Youssoumba a du beau chemin devant elle. Nous allons relever le défi et aider d’autres jeunes. Non, le Youssoumba n’est pas fini. Il ya eu un moment un manque total de producteurs. Beaucoup de jeunes veulent suivre nos traces et faire comme nous, mais ils n’ont pas les moyens. C’est pour cela qu’il était important pour nous de mettre les pendules à l’heure et annoncer notre retour.

Quels ont été pour vous les moments forts de votre carrière ?

Il ya eu pas mal de moment, notamment notre premier voyage à Paris où nous étions dépaysés, désorientés. Il y’a eu aussi ce concert magique avec à Paris, concert plein à craquer auquel nous avons participé.

Dites nous, quel est l’album qui vous a le plus marqué durant vos 25 années de carrière ?

(Ils se mettent à refléchir),c’est sutout le premier album, parce qu’il a suscité une réelle curiosité. Les gens ne nous connaissaient pas, ils se demandaient d’où on sortait ?

Il vous est arrivé de vouloir changer de cadence musicale ?

Dans le Youssoumba, il ya tout déjà (rire), pourquoi vouloir changer. Le Youssoumba est large. Nous avons déjà fait des chansons dans le rythme reggae, zaiko, zouk, mapouka, coupé décalé. Nous n’allons pas changé de registre musical. Nous allons juste chercher à améliorer ce que nous faisons déjà.

Vous étiez 4 à un moment. Vous êtes en duo aujourd’hui, que sont devenus les 2 autres : Dani Kouélé et Bibi ?

Les 2 autres ont décidé de se chercher comme on le dit. Ils sont en France à Toulouse précisément.

Que font-ils exactement à Toulouse ?

Ils travaillent, ils ont décidé de faire autre chose que la musique. Mais nous restons des amis. Ils seront probablement avec nous à notre concert des 25 ans.

Vous vivez, dit-on sous le même toit ?

Oui, par le passé, mais aujourd’hui, chacun a son propre toit.