Côte d’Ivoire, la République en convalescence un analyse de Nazaire Kadia sur la santé précaire du , du Président du Sénat…

Il en va de la vie de la République comme celle des hommes. Maladies et bonne santé se chevauchent sur le cheminement terrestre des hommes. Depuis quelques temps, un mal pernicieux semble s’abattre sur la République où les animateurs de premier plan sont touchés et font l’objet d’évacuation sanitaire sous d’autres cieux pour recevoir des soins appropriés.

Aujourd’hui, nombre d’institutions de la République fonctionnent en mode dégradé, du fait de la santé précaire des animateurs et de leur absence prolongée à la tête de ces institutions.

Le Premier Ministre, le Président de l’, le Président du Sénat sont depuis quelques temps aux abonnés absents. Le Président du Conseil Economique, Social, Culturel et Environnemental décédé n’a pas encore été remplacé. Le Vice-président, démissionnaire n’a non plus été remplacé. D’aucuns affirment également qu’il ne se passe pas de mois sans que le Chef de l’Etat ne se rende à l’extérieur pour des soins ou pour des visites médicales.

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Cette situation de quasi vide à la tête de certains de nos institutions et non des moindres et à certains moments, donnent des sueurs froides en cas de force majeurs. Gageons qu’il n’y en aura pas !Heureusement, les nouvelles ne seraient pas aussi alarmantes qu’on le croirait. Le Premier Ministre, victime « d’une grosse fatigue », est en repos à l’extérieur.

L’Ambassadeur Maurice Bandaman (un condisciple mien), nous rassure sur l’état de santé du Président de l’Assemblée nationale, après une conversation qu’il a eue avec ce dernier. Il est également en repos. Le Président du Sénat, absent depuis près d’un an, va mieux et serait aussi en repos. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La République est donc en convalescence, et ils sont tous partis se reposer sous d’autres cieux !Cependant les évacuations sanitaires de ceux qui tiennent en main notre destinée et impulsent le développement à notre pays, posent problème. Soixante (60) ans après l’indépendance, et dix ans de développement jamais connu dans ce pays, celui-ci ne dispose même d’une structure sanitaire à même d’offrir une chambre confortable à notre estimé premier ministre, pour récupérer de sa grosse fatigue. Pour cette grosse fatigue, il a fallu qu’il parte en France, exposant notre pays aux railleries et autres moqueries de certains français.

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Ceci montre la vacuité des affirmations déclamées à longueur de journée, faisant de notre pays la cinquième économie mondiale, dont l’extraordinaire bond en avant ferait des jaloux !Il nous est également chanté, qu’Abidjan devient de plus en plus jolie, des ponts, des ronds-points et des routes bitumées nous sont construits à tout va.

Cela est beau et nous les apprécions à leur juste valeur. Mais le choix privilégié des infrastructures a pour conséquence, un développement inégal, reléguant au second plan, des secteurs entiers tout aussi importants. Le développement des infrastructures s’est fait au détriment de l’éducation et de la santé.

Il n’y a véritablement de développement que celui centré sur l’homme. L’homme doit être au début et à la fin de tous les processus de développement. En la matière, il y a beaucoup à redire dans notre pays. Le classement des pays du monde, en terme d’indice de développement humain a révélé que notre pays est dans les profondeurs de ce classement.

Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs, où au manque de médicaments, s’ajoute l’état obsolète des plateaux techniques, au rendement quasi nul.Quant à l’éducation, c’est la catastrophe. Depuis des années, les rendements sont allés decrescendo, dans l’indifférence totale. Il a fallu le rapport du Pasec, pour que la toile s’affole et que l’opinion publique s’en émeuve.

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Des réformes hasardeuses copiées ailleurs et collées chez nous, à la formation à la va-vite et au rabais des enseignants, notre école aura souffert des choix hasardeux et discutables des autorités, qui sont entrain d’avoir raison d’elle.

Mais ne soyons pas des hommes de peu de foi. Au cours de ce premier mandat de la troisième république, des ajustements seront certainement faits, pour que l’ivoirien, bien soigné, et bien éduqué puisse allègrement enjamber les ponts, emprunter le train urbain en construction, en apprécier le confort et admirer la beauté de la plus haute tour d’ en construction.

Assurément qu’au cours du deuxième mandat, s’estomperont les évacuations sanitaires en France et par la même occasion s’estomperont les railleries dont nous sommes l’objet de la part de certains français. En tout état de cause, il y a eu un matin en Eburnie, il y aura assurément un soir et l’ivraie sera séparée du vrai.

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