L’Appel de Manchester City, suite à son exclusion de deux ans des compétitions européennes de football vendredi dernier pour avoir enfreint les règles du fair-play financier sera étudié du 8 au 10 juin par le Tribunal arbitral du sport. Cette sanction pourrait lui coûter très cher.

L’interdiction de participer à la Ligue des Champions est un coup dur pour Manchester City, actuellement en deuxième position de la Premier League. Le club est, en effet accusé par l’UEFA de ne pas avoir respecté les règles du fair-play financier (FPF).

Manchester City qui s’apprête à affronter le Real Madrid lors du 8e de finale de la Ligue des Champions a été accusé d’avoir évalué ses revenus de contrats de parrainage au-dessus des chiffres réels, dans ses comptes pour la période 2012-2016.

Les pertes financières que subirait une absence de la scène européenne dépasseraient de loin les cent millions d’euros par an et auront des conséquences sur le train de vie du club.

Cette décision devrait lui faire perdre environ 80 millions de dollars en 2020.

Le club aurait commis de « graves infractions » au règlement financier de l’UEFA en gonflant les revenus de ses sponsors. Par ailleurs, l’équipe a également « refusé de coopérer » avec l’autorité européenne du football dans le cadre d’une enquête.

Selon les dernières estimations de Forbes, Manchester City a généré 678 millions de dollars en chiffre d’affaires la saison dernière (dont 72,6 millions grâce à la Ligue des Champions, où le club a atteint les quarts de finale). Man City est également le 5e club le plus rentable du monde, puisque la valeur de son équipe est estimée à 2,7 milliards de dollars.

Même si le club anglais atteint les quarts de finale cette année encore, sa suspension pourrait lui faire subir une perte à hauteur de 77 millions de dollars la saison prochaine (dont environ 53 millions en prize money et 10 millions en droits de rediffusion). Cela représente 11 % du chiffre d’affaires total du club en 2020.

Selon nos calculs, en valeur, cela se traduirait par une perte de 295 millions de dollars, faisant chuter la valorisation de Manchester City à 2,38 milliards de dollars. En effet, le club ne toucherait pas les 47 millions de prize money minimum pour atteindre les 8es de finale et les 102,35 millions touchés par le vainqueur de la Ligue des Champions.

Le club a annoncé vouloir faire appel de la décision de l’UEFA auprès du Tribunal arbitral du sport « dès que possible ».

Pour rappel, le propriétaire de Manchester City est la société faîtière City Football Group, détenue majoritairement par la famille royale d’Abou Dhabi, qui a versé une somme importante au club. La société contrôle également six autres clubs sur cinq continents, dont le New York City Football Club. Depuis fin 2018, Manchester City fait l’objet d’une enquête après la fuite de documents internes qui avait révélé que le club aurait enfreint les règles de l’UEFA en trichant sur la source de ses revenus de sponsoring. Cela va directement à l’encontre des règles du fair-play financier de l’UEFA, qui ont été établies en 2009 pour empêcher les clubs de dépenser plus qu’ils ne gagnent.

En novembre dernier, le City Football Group a vendu une participation d’un peu plus de 10 % à la société d’investissement américaine Silver Lake Partners pour 500 millions de dollars. De toute évidence, Silver Lake était au courant de l’enquête en cours au sein de l’UEFA, puisque les pratiques financières de Man City font l’objet d’une enquête depuis décembre 2018. Pourtant, la société n’a pas hésité à sortir le chéquier, affirmant connaître la valeur du club, même sans participation à la Ligue des champions.

Manchester City est un club emblématique qui pèse facilement 2 milliards de dollars, même sans la Ligue des Champions, et devrait rester parmi les équipes les plus rentables du ballon rond malgré sa suspension.

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